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La grotte du Cap Figalo dévoile ses secrets


Dr Tarik Mokhtari

Le littoral oranais renferme des sites naturels d’une beauté exceptionnelle dont certains sont inconnus du grand public car, difficile d’accès. Le Cap Figalo en fait partie. Situé près du port de Bouzedjar, ses falaises vertigineuses ornées de figues de Barbarie tombent à pic dans la mer. En bateau, on peut le contourner, visiter ses abords et apprécier sa grandeur. Il possède plusieurs grottes, certaines sont larges, hautes et visibles de loin mais celle qui nous intéresse ne paye pas de mine. L’entrée est à peine large de 2 mètres mais une fois à l’intérieur, elle s’agrandit en même temps qu’elle s’assombrit. On peut pénétrer en bateau sur une distance de plus de 110 mètres et ce qui est mystérieux, c’est que tout au fond, dans le noir absolu, on entend un souffle provoqué par le ressac des vagues. Cela laisse imaginer qu’il y a une communication avec une poche d’air.

Pour satisfaire notre curiosité nous avons voulu aller plus loin et explorer cette partie immergée de la grotte. C’est une plongée pas comme les autres qui n’est pas à la portée du premier venu, il fallait du matériel spécifique (un fil d’Ariane pour se repérer, des casques pour se protéger, de multiples sources de lumière pour explorer et surtout la présence de plongeurs confirmés). Et c’est comme ça que le 17 avril, accompagné de Fouzi Kheloufi, et de Khaled Belhorma, nous nous sommes aventurés dans cette grotte. Nous avons invité pour cette première un grand plongeur oranais qui s’est marié il y a 3 semaines, Amine Rouba ne s’attendait pas à un cadeau de mariage aussi original

En allumant nos phares de plongée, le décor était grandiose, la grotte est impressionnante et l’effet de la lumière dans l’eau limpide était splendide. On ne pensait pas que ça serait aussi beau. Nous avons parcouru les 110 mètres de la grotte puis nous sommes allés à la découverte de la partie immergée, elle ne fait pas moins de 40 mètres et ce n’est pas une mais 3 poches d’air qu’on a découvertes. La première fait 17 mètres sur 2,4 mètres de large, on peut y remonter en toute sécurité, la 2ème fait 7 mètres de long sur 1 mètre de large et la 3ème difficile d’accès est toute petite et laisse à peine la possibilité de sortir sa tête de l’eau.

En rebroussant chemin, nous nous sommes intéressés à la vie dans cette grotte, on a pu observer des juvéniles de bogues, quelques crevettes, un congre et une seiche mais surtout des centaines d’étoiles de mer qui fuyaient à notre passage, l’espace d’un moment nous les avons dérangés avec nos lumières, elles étaient dans l’obscurité totale depuis toujours. Pendant le chemin du retour en parcourant les 150 mètres, la lumière du jour se précisait petit à petit en même temps qu’un sentiment d’euphorie et de joie gagnait le groupe de ces 4 explorateurs à qui la grotte du Cap Figalo a livré tous ses secrets.

Source de la vidéo // Tarik MOKHTARI

Source de l’article // journal ouest tribune du 27 juin 2017

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