Spéléo Club Constantine Action,SCC25,Spéléologie Le 13 septembre, une journée internationale pour protéger les grottes et le karst

Le 13 septembre, une journée internationale pour protéger les grottes et le karst


La création d’une Journée internationale des grottes et du karst, célébrée chaque année le 13 septembre, est l’aboutissement d’une mobilisation scientifique, institutionnelle et associative menée à l’échelle mondiale. Présentée à l’UNESCO par l’Union internationale de spéléologie (UIS), cette initiative vise à faire connaître la valeur scientifique, écologique, hydrologique, culturelle et économique des milieux souterrains, tout en renforçant leur protection.

Les grottes et les paysages karstiques constituent de véritables archives naturelles. Ils abritent des fossiles, des espèces endémiques, des traces de civilisations anciennes et des témoignages essentiels de l’évolution géologique et climatique. Les aquifères karstiques fournissent également de l’eau potable à plus d’un milliard de personnes. Pourtant, ces environnements fragiles demeurent souvent mal connus, exposés à la pollution, à l’érosion, à l’urbanisation et à une exploitation insuffisamment maîtrisée.

L’instauration d’une journée annuelle permettrait donc de coordonner les actions de sensibilisation, d’éducation, de recherche scientifique, de conservation et de gestion durable. Elle encouragerait notamment l’organisation d’ateliers, de séminaires, de programmes scolaires, d’activités de découverte et de campagnes publiques consacrés à la spéléologie, à la biodiversité souterraine, aux ressources en eau et au patrimoine karstique.

Pourquoi le 13 septembre ?

Le choix du 13 septembre repose sur plusieurs arguments. Cette date évite les chevauchements avec les autres journées internationales, correspond à une période favorable à l’organisation d’activités dans de nombreux pays et n’était pas encore attribuée par l’ONU ou l’UNESCO à une célébration comparable. Elle rappelle également la fondation de l’Union internationale de spéléologie en septembre 1965 et, surtout, la première présentation officielle de cette organisation à l’UNESCO, à Paris, le 13 septembre 2021.

La proposition a été inscrite à l’ordre du jour provisoire de la 222e session du Conseil exécutif de l’UNESCO à la demande de l’Algérie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Bulgarie, de la Croatie, de l’Égypte, de l’Équateur, du Guatemala, du Luxembourg, de Malte, du Mexique, de Monaco, du Portugal, de la Serbie, de la Slovaquie et de la Slovénie. Elle bénéficiait du soutien écrit de 15 organisations internationales, de huit organisations régionales, de représentants de 38 pays membres de l’UIS, ainsi que de nombreuses institutions nationales, conférences, personnalités et de la nation Haïda du Canada.

Les organisations internationales participantes

Parmi les organisations internationales ayant soutenu l’initiative figurent :

  • Le Groupe de spécialistes du géopatrimoine de l’UICN-CMAP.
  • Le Groupe de travail sur les grottes et le karst de l’UICN-CMAP.
  • Le Conseil international des sciences.
  • Le réseau CaveMAB.
  • L’Association internationale des hydrogéologues et sa Commission sur le karst.
  • L’Union géographique internationale.
  • La Société internationale de photogrammétrie et de télédétection.
  • L’Union internationale pour l’étude du quaternaire.
  • L’Union internationale des sciences du sol.
  • L’Association internationale des géomorphologues.
  • L’Association internationale pour la conservation du patrimoine géologique, ProGEO.
  • La Société internationale de biologie souterraine.
  • Le Centre international de recherche sur le karst sous l’égide de l’UNESCO, à Guilin.
  • La Chaire UNESCO en géodiversité et géoconservation, associant l’Australie, le Botswana, le Brésil, le Cameroun, le Chili, la Colombie, le Maroc, le Mozambique, le Portugal et l’Uruguay.

L’UNESCO est au cœur de la démarche grâce à ses programmes et dispositifs consacrés au patrimoine mondial, aux géosciences et aux géoparcs, à l’Homme et la biosphère, ainsi qu’à l’hydrologie. Le Centre international de recherche sur le karst en Chine, la Chaire UNESCO consacrée à l’enseignement du milieu karstique en Slovénie et le projet DIKTAS consacré aux aquifères karstiques dinariques illustrent cette coopération.

Les organisations régionales mobilisées

La mobilisation régionale a également réuni :

  • L’Union asiatique de spéléologie.
  • L’Association australasienne de gestion des grottes et du karst.
  • La Division karst de la Société géologique d’Amérique.
  • La Fédération européenne de spéléologie.
  • La Fédération européenne des géologues.
  • Le Bureau européen de l’environnement.
  • EuroGeoSurveys.
  • L’Association Krasopis, consacrée au karst dinarique.

Les pays représentés par l’UIS

Les représentants des États membres de l’Union internationale de spéléologie provenaient des pays suivants :

  • Allemagne.
  • Argentine.
  • Australie.
  • Autriche.
  • Bosnie-Herzégovine.
  • Brésil.
  • Canada.
  • Chine.
  • Colombie.
  • Costa Rica.
  • Croatie.
  • Espagne.
  • États-Unis d’Amérique.
  • France.
  • Grèce.
  • Hongrie.
  • Indonésie.
  • Iran.
  • Irlande.
  • Israël.
  • Italie.
  • Japon.
  • Libye.
  • Malaisie.
  • Maroc.
  • Mexique.
  • Pays-Bas.
  • Pologne.
  • Porto Rico.
  • République tchèque.
  • Roumanie.
  • Royaume-Uni.
  • Serbie.
  • Slovénie.
  • Suède.
  • Suisse.
  • Venezuela.
  • Viet Nam.

Le document mentionne plusieurs organisations pour certains pays, notamment le Canada, la Croatie, l’Espagne, la Serbie et l’Italie. Pour l’Algérie, la contribution est portée par le Spéléo Club Constantine – SCC25.

Les institutions nationales participantes

L’initiative a également reçu l’appui d’organisations et d’institutions nationales réparties dans 25 pays. Parmi elles figurent notamment :

  • En Algérie : le Spéléo Club Constantine – SCC25.
  • En Allemagne : l’Académie bavaroise des sciences et le Deutscher Naturschutzring.
  • En Autriche : la Société géographique autrichienne.
  • En Belgique : le Groupe Interclub de Perfectionnement par la Spéléologie, le Domaine des Grottes de Han et Speleo Technico VZW.
  • Au Botswana : le Département des musées et monuments nationaux.
  • Au Brésil : le Conseil du patrimoine spéléologique de l’État de São Paulo, la Fondation culturelle Pascoal Andreta, le Centre d’études de biologie souterraine, la Société brésilienne de recherche sur les chauves-souris et le Conseil fédéral de biologie.
  • En Bulgarie : l’Association bulgare pour le tourisme spéléologique et l’écotourisme.
  • Au Canada : la Société géographique royale du Canada et le Centre de recherche de la vallée de Bulkley.
  • En Chine : l’Institut des ressources de la montagne de Guizhou, le Centre international de recherche sur le karst et l’Institut d’hydrobiologie de l’Académie chinoise des sciences.
  • En Croatie : l’Académie croate des sciences et des arts, l’Université de Zagreb, l’Institut pour l’environnement et la nature, ainsi que plusieurs sociétés croates de géomorphologie, de géographie, de géotechnique et de géologie.
  • En Espagne : l’Institut catalan de spéléologie et des sciences du karst et l’Institut de recherche de la grotte de Nerja.
  • Aux États-Unis d’Amérique : le Réseau des réserves de biosphère, la Réserve de biosphère de Mammoth Cave et le Service géologique de Floride.
  • En France : l’Association française de karstologie.
  • En Indonésie : la Faculté de géographie de l’Université Gadjah Mada.
  • En Iraq : la Société iraquienne de géopatrimoine et d’archéologie, le Service géologique de l’Iraq, plusieurs départements universitaires et sociétés géologiques du Kurdistan.
  • En Italie : l’Institut italien de spéléologie, les fédérations spéléologiques régionales, les sociétés géologiques et minéralogiques, l’ISPRA, des universités, des parcs nationaux, des réserves naturelles et de nombreux clubs et associations spéléologiques.
  • Au Mexique : Karst Lab México.
  • Aux Philippines : le Comité national des grottes.
  • Au Portugal : le Service géologique portugais.
  • À Porto Rico : Gruta Troglodita Norman Veve et Ciudadanos del Karso.
  • En République tchèque : l’Association des géomorphologues tchèques et l’Institut de géologie de l’Académie des sciences tchèque.
  • En Roumanie : l’Institut de spéléologie Emil Racoviță et la Fondation Emil G. Racoviță.
  • En Serbie : l’Université de Belgrade, le géoparc mondial UNESCO de Djerdap et le parc national de Djerdap.
  • En Slovénie : l’Académie slovène des sciences et des arts, les grottes de Škocjan, l’Institut de recherche sur le karst, la Chaire UNESCO de sensibilisation au karst, l’Université de Ljubljana, le Service géologique slovène et plusieurs sociétés scientifiques.
  • Au Zimbabwe : l’Université du Zimbabwe.

Une initiative soutenue par la société civile

La démarche a aussi reçu l’appui de la nation Haïda, représentée par Haïda Gwaii, en Colombie-Britannique, ainsi que celui de particuliers, de chercheurs, de responsables scientifiques, de représentants politiques et de conférences internationales. Parmi les événements mentionnés figurent la 5e Conférence asiatique transdisciplinaire sur le karst, organisée en 2024 à Yogyakarta, et la 5e Réunion internationale SOS Proteus, tenue à Kranj, en Slovénie. Le magazine britannique *Descent* figure également parmi les soutiens

La diversité des participants témoigne du caractère mondial et interdisciplinaire de l’initiative. Scientifiques, spéléologues, hydrogéologues, géologues, biologistes, institutions universitaires, organismes publics, associations environnementales, communautés autochtones et acteurs du patrimoine se sont réunis autour d’un objectif commun : faire reconnaître les grottes et le karst comme des patrimoines essentiels à la vie, à la connaissance et au développement durable. L’instauration du 13 septembre comme journée annuelle donnerait ainsi une visibilité internationale à ces milieux souvent invisibles, tout en encourageant les États, les collectivités, les chercheurs, les organisations non gouvernementales et les communautés locales à agir concrètement pour leur préservation.

Télécharger l’article :

Télécharger le document

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Post