Appel urgent pour sauver un site historique menacé
« Une civilisation se mesure à la manière dont elle protège son patrimoine. »

Au cœur d’une zone escarpée, difficile d’accès et longtemps préservée par la nature, la grotte de Ghar Hammam semblait autrefois protégée par l’isolement du relief. Pourtant, aujourd’hui, ce site naturel et historique n’a pas échappé à la vague de destruction qui frappe plusieurs cavités de la région.
Comme Ghar Zaher (grotte des Ours) et Ghar Edlame (grotte du Mouflon) à Constantine, ou encore Ghar El Karma à Ibn Ziad, ce lieu chargé d’histoire est devenu la victime d’actes de vandalisme qui menacent de faire disparaître à jamais des traces précieuses du passé.
En mai 2023, notre club avait déjà lancé un appel d’alerte sur les réseaux sociaux, accompagné de preuves et de témoignages attestant des dégradations en cours.
Nous avions également pris contact avec les services de la Gendarmerie nationale afin de signaler la situation.
Malgré le soutien de nombreux citoyens exprimé à travers les commentaires et les messages de solidarité, aucune mesure concrète n’a malheureusement été prise, et la situation n’a cessé de se détériorer.
Les dégradations observées sont particulièrement alarmantes, les vandales n’ont pas seulement endommagé la grotte principale. Les petites cavités environnantes ont également été fouillées et ravagées.
Des fragments de poteries anciennes, des ossements, ainsi que des éclats de silex ont été brisés et dispersés. Ces objets ne sont pas de simples pierres ou débris : ils représentent des témoins archéologiques irremplaçables, capables de raconter l’histoire des populations qui ont occupé ces lieux depuis des siècles, voire des millénaires.
Comme si cela ne suffisait pas, les parois de la grotte ont été noircies par le feu, laissant des traces de brûlures qui défigurent aujourd’hui ce site fragile.
« Détruire un vestige du passé, c’est effacer une page du livre de l’humanité. »
Depuis plusieurs décennies, Ghar Hammam traverse des périodes difficiles.
Durant les années tragiques de la décennie noire, la grotte avait été utilisée comme refuge par des groupes armés terroristes. Malgré ces événements, le site avait survécu, protégé par la nature et l’oubli.
Aujourd’hui pourtant, ce patrimoine semble menacé par un ennemi plus insidieux : l’ignorance et l’indifférence.
L’historien français Victor Hugo écrivait : « Détruire le passé, c’est peut-être le crime le plus grave que l’on puisse commettre contre l’avenir. »
Les grottes ne sont pas seulement des curiosités naturelles.
Elles sont des archives de pierre, des témoins silencieux de l’histoire humaine et de l’évolution de notre environnement.
Chaque fragment de poterie, chaque ossement, chaque outil de silex constitue une pièce du puzzle de notre mémoire collective.
Les perdre, c’est priver les générations futures de la possibilité de comprendre leur histoire.
Comme le rappelait l’écrivain Amin Maalouf : « L’héritage n’est pas ce que nous recevons du passé, mais ce que nous choisissons de transmettre à l’avenir. »
Face à cette situation, nous lançons aujourd’hui **un nouvel appel à la sensibilisation et à la protection de ce site.
Nous appelons :
- Les autorités compétentes,
- Les institutions culturelles et scientifiques,
- Les associations et les citoyens,
À prendre conscience de l’urgence de la situation.
La protection du patrimoine n’est pas seulement une responsabilité administrative : c’est un devoir collectif.
« Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. »
Sauver Ghar Hammam, c’est préserver une part de notre histoire, de notre identité et de notre mémoire.
Car lorsqu’un patrimoine disparaît, il disparaît pour toujours.








