Par : Rose Sable.
Au programme :
– Exploration du gouffre Boussouil avec pour objectif l’exercice pour un groupe d’adhérents qui ont complété le niveau d’initiation en spéléologie et ont acquis une certaine aisance.
Identité du gouffre :
Nom : Anou Boussouil.
Profondeur : 805m.
Lieu :
Prairie d’Assouel dans le massif du Djurdjura.
Participants :
- Fouad (Chef d’expédition).
- Chafik.
- Yasmine.
- Safia.
– Nombre de puits explorés : 5 (35m – 10m – 20m – 20m – 20m)
– Nombre d’heures passés sous terre : 10h
– Profondeur atteinte : Entre 180 et 200m
Nous remercions vivement le club de Bejaia (CSSM Bejaia) d’avoir équipé le gouffre, sans cela cette exploration n’aurait pas eu lieu dans ces conditions.
Déroulement :
Réveil à 6h du matin. La prairie d’Assouel est de couleur paille en cette fin d’été, le silence règne ou presque, des chevaux galopent et un chiot jappe. Après la préparation du matériel, nous nous dirigeons vers le gouffre. Un air glacial soufflant de la gueule du monstre nous surprend. Fouad équipe le premier puits (pose des amarres et de la corde).
Après un check partner et un briefing, l’aventure commence. Il est 8h, Fouad descend le premier, lorsqu’il libère la corde, je m’y accroche à mon tour et me lance dans le vide avec une certaine appréhension. La descente est plutôt aisée et agréable, le puits atteint la longueur respectable de -35m. Chafik clos le groupe. Nous entamons alors la suite de l’itinéraire comme suit :
– Galerie des éboulis : nous marchons sur des rochers glissants sur une cinquantaine de mètres.
– Suite de ressauts (passages brusques d’une partie horizontale vers une partie verticale) : nous avançons en évitant des flaques d’eau. L’eau qui ruisselle sur les parois produit un bruit glauque de mauvaise plomberie.
– Un bassin d’eau : pour le traverser, une main courante est aménagée, il s’agit de s’y accrocher avec le matériel, de glisser tout en soulevant les jambes pour éviter de se mouiller.
– Puit de -10m : nous empruntons la corde qui y est amarrée et filons les uns derrière les autres.
– Progression à travers des itinéraires plus ou moins délicats jusqu’à la tête du puits de -20m.
– Puits de -20m : Descente raide dans le vide.
– Puits de -20m avec un fractionnement
– Puits de -20m avec un fractionnement
– Méandres jusqu’à la tête du puits -60m



Il est 12h : Nous décidons d’arrêter notre progression ici. Nous prenons notre déjeuner et un peu de repos. S’ensuit une minute de silence dans les méandres de la terre ; monde sous terrain, creusé, sculpté, grugé par l’eau pendant des centaines d’années.
A 12h45, nous reprenons le chemin du retour. La fatigue et le froid se font sentir. Je parcours du regard la corde qui pend et qui n’en finit pas. Remonter est très physique, il faut se hisser avec les bras et les jambes, tous les muscles sont sollicités. Il me faut environ 10 à 15 minutes pour remonter un puits. Il s’agit de rester concentré aussi, pour ne pas s’embrouiller avec les cordes et le matériel.
Il faut aussi beaucoup s’hydrater, le milieu étant humide alors on ne ressent pas la soif.
Exténués, nous nous encourageons les uns les autres. Arrivés au puits -10m, nous sentons que nous sommes proches de la sortie. En avançant dans la galerie des éboulis, la lumière de l’extérieur apparait et des bruits de personnes à l’entrée du gouffre nous parviennent. Plus qu’un dernier puits, mais non des moindres, mes muscles ne répondent plus. Je place ma poignée, mon croll et j’entame la montée centimètre par centimètre en soufflant pour m’oxygéner.

A l’extérieur, la lumière est aveuglante, il fait chaud et un monde fou peuple les lieux.
L’an dernier à la même époque, nous sommes arrivés à la tête du 3e puits, cette année nous avons parcouru 5 puits, ce qui est pour nous une évolution appréciable.
Le nous représente un groupe avec une expérience minime.
Photos : Fouad (Naghwaïda Rider) – Haoua Yasmine – Zirig Chafik
