Quand le cadre général devient un frein à la diversité sportive
Ces dernières années, l’Algérie a connu une diversification progressive des pratiques sportives. À côté des disciplines populaires, se sont développées des activités techniques et spécialisées telles que la spéléologie, l’escalade, la plongée technique et les sports de montagne tous dit Sports Extrême ou Sports à Risque. Bien que ces disciplines rassemblent un nombre limité de pratiquants, elles représentent une réelle valeur scientifique, environnementale et touristique, et reposent sur un haut niveau d’encadrement et de sécurité.
Le problème auquel elles sont confrontées aujourd’hui n’est pas le manque de compétences ni l’absence d’initiatives, mais plutôt l’inadéquation du cadre juridique associatif actuel à leur réalité spécifique.
La loi algérienne sur les associations vise, à juste titre, l’organisation, la transparence et la protection de l’intérêt général. Toutefois, son application uniforme à toutes les associations sportives, sans distinction entre disciplines de masse et sports techniques spécialisés, crée un décalage évident entre le texte et le terrain.
Les sports à faible diffusion se caractérisent par :
- Un nombre naturellement limité de pratiquants,
- Des exigences matérielles et financières élevées,
- Une forte technicité et des risques maîtrisés par la formation,
- Une pratique souvent liée à des milieux naturels sensibles.
Imposer un grand nombre de membres, un volume significatif d’activités annuelles ou des ressources financières stables ne constitue pas une simple réglementation, mais plutôt un obstacle structurel qui entrave la reconnaissance légale et la pérennité de ces associations. Cela favorise également l’émergence d’associations opportunistes, dont l’objectif principal est de répondre aux exigences formelles sans réellement contribuer à la société. Une telle approche risque d’affaiblir la société civile et de restreindre la diversité des initiatives communautaires, pourtant essentielles au développement et à l’innovation.
Cette rigidité juridique entraîne des conséquences non souhaitées :
- Disparition ou gel d’associations sérieuses,
- Développement de pratiques non encadrées,
- Perte de partenaires fiables pour l’État en matière de sécurité, de protection de l’environnement et de formation.
Autrement dit, l’absence de flexibilité ne supprime pas l’activité, elle la marginalise.
Vers une approche renouvelée
La solution ne réside ni dans le rejet de la loi ni dans une confrontation stérile, mais dans une réflexion globale sur son application. Une réforme pertinente suppose :
- La reconnaissance de la diversité sportive,
- La classification des associations selon la nature de leur activité,
- L’adoption de critères qualitatifs (compétence, sécurité, utilité) plutôt que quantitatifs,
- Ou la mise en place de cadres juridiques spécifiques adaptés à chaque catégorie.
Adapter la loi sur les associations aux sports à faible diffusion, c’est renforcer l’ensemble du tissu sportif national et affirmer une vision moderne de la gouvernance associative.
Car une loi efficace n’est pas celle qui uniformise, mais celle qui organise intelligemment la diversité.
