Les restes de moudjahidine tombés au champ d’honneur à Mila.
Par : Hamid Arab
La réinhumation, le 18 février, à Hamala (wilaya de Mila), des restes de trois moudjahidine morts durant la guerre de libération et découverts dans une grotte du mont M’sid Aïcha, s’inscrit dans un processus entamé plusieurs mois plus tôt par des habitants de la région.
Car l’histoire ne commence pas avec la cérémonie officielle, mais avec l’initiative de citoyens décidés à vérifier des témoignages anciens faisant état de la présence de combattants tombés au maquis dans ce massif escarpé. Malgré les dangers en haute montagne, l’absence de signalisation indiquant l’existence de la cavité et le manque de moyens matériels, un petit groupe d’habitants s’est lancé dans l’exploration durant le mois de Ramadan 2025.
Le 3 mars 2025, ils parviennent à localiser l’entrée de la grotte et à y pénétrer une première fois, progressant jusqu’à environ quarante mètres de profondeur. Après plusieurs tentatives et des descentes successives dans des conditions difficiles, ils découvrent une arme, des ossements et des munitions. Face à l’ampleur et à la portée historique de la trouvaille, ils alertent immédiatement les autorités locales, notamment le président de l’Assemblée populaire communale de Hamala, Cheraf Aïmer.
Ce dernier confirme alors que des habitants, au cours d’opérations exploratoires au mont M’sid Aïcha, ont mis au jour des structures osseuses, un fusil, des munitions ainsi que des effets personnels, susceptibles d’appartenir à des martyrs de la guerre de libération. Les services de sécurité compétents sont aussitôt saisis.
S’ensuit une opération coordonnée impliquant la Gendarmerie nationale, le secteur militaire et des unités spécialisées de la Protection civile, notamment la brigade d’intervention en milieux périlleux. L’extraction, menée dans une cavité dépassant les cent mètres de profondeur, durera plus de onze heures.
Plusieurs médias nationaux, dont Echorouk Online, Ennahar Online et le quotidien Horizons, ont rapporté des découvertes similaires dans la wilaya de Mila en 2025, confirmant que des restes attribués à des combattants de la guerre d’indépendance ont été retrouvés dans des grottes de la région.
À Hamala, la cérémonie du 18 février a ainsi marqué l’aboutissement d’un engagement citoyen autant que d’une opération institutionnelle. Elle rappelle que la mémoire de la guerre de libération demeure inscrite dans les reliefs, et que, parfois, ce sont des habitants ordinaires qui en rouvrent les pages, au prix de risques réels et d’un attachement profond à l’histoire locale.
Par / Mourad Benyahia. Source : https://lematindalgerie.com
