LA GROTTE DES PIGEONS

LA GROTTE DES PIGEONS

6 avril 2010 0 Par admin

A Constantine

Historique.

 – En suivant la merveilleuse route de la Corniche pour aller au Hamma, lorsqu’on arrive vers la chute du Rhummel, si on regarde du côté de la Casbah, par-dessus l’abîme et le torrent profond, on reste comme surpris et fortement impressionné par la sauvagerie du milieu, la hauteur vertigineuse du rocher gigantesque, sur les bords duquel viennent comme mourir les dernières constructions de la ville de Constantine.

C’est à cet endroit, en effet, que le massif est le plus élevé et, s’il faut en croire un certain point de l’histoire du passé, bien avant la conquête, de là on précipitait dans le gouffre les femmes reconnues coupables d’adultère.

Un peu sur la droite et vers le sommet, une haute et large ouverture attire les regards; c’est la Grotte des Pigeons.

Depuis tantôt une dizaine d’années, alors que clans toute la région il est peu de points curieux où je ne sois allé, je m’étais toujours promis de [aire une visite à cette grotte. Mon collègue de la Société archéologique, M. Bosco, pour lequel cette ascension n’était qu’un jeu, avait à diverses reprises voulu m’y conduire. J’avoue ne mètre jamais senti le jarret assez sûr pour me risquer sur le seul ressaut périlleux y conduisant à l’époque, et il a fallu, pour m’y décider,’ le percement de cette partie de la montagne et l’ouverture! Du superbe boulevard, aujourd’hui dénommé Boulevard de l’Abîme.

Au cours des travaux considérables exécutés à cet effet, je fus un jour prévenu par les soins de mon collègue de la Société archéologique, le distingué Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, M. Boisnier, que deux vases assez énigmatiques venaient d’être mis au jour dans une niche spacieuse et naturelle formée par le rocher.

Je me rendis aussitôt sur place et, de l’examen de cette excavation, des deux vases recueillis, de la disposition et de la nature du sol et du sous-sol, on ne pouvait conclure qu’à une cachette. Je n’y ai relevé, en effet, aucun ossement humain permettant d’assimiler cette trouvaille à un tombeau.

M. Boisnier a bien voulu déposer au Musée les précieux documents exhumés et notre collègue, M. Marcais, en a donné une description heureuse et comparative dans le Recueil de la Société (1).

Si je parle ici de cette trouvaille, c’est que j’aurai à y revenir au cours de ce travail, lorsque j’arriverai au mobilier archéologique et à la céramique recueillie dans la Grotte des Pigeons; ces deux vases, en effet, paraissent être de la même époque et appartenir à une même industrie.

 Lorsque, pour la première fois, par un moyen de fortune, il me fut possible d’accéder à cette grotte, j’eus aussitôt l’impression qu’elle réserverait une surprise et que l’homme y signalerait son passage, comme pour ainsi dire dans toutes les grottes.

Toutefois, je reconnaissais aussi que le travail à entreprendre serait beaucoup plus important que je ne l’avais supposé. M. Boisnier me garantissant que lorsque le percement du boulevard de l’Abîme serait terminé, ce travail serait simplifié en raison de l’accessibilité et de la facilité de déverser les terres extraites immédiatement dans le ravin voisin, cela me décidait à y pratiquer une fouille.

J’adressai donc un appel à M le Gouverneur Général et il me fut alloué une faible somme, que je n’eus du reste jamais l’occasion de toucher. Les graves événements de la mobilisation étant survenus, le mandat accordé prit un chemin si long, qu’il ne put être retrouvé. J’en suis très heureux, car je puis constater à présent que c’est à peine si j’aurais pu ouvrir un chantier de fouilles avec les simples moyens dont j’aurais disposé.

Cependant, j’avais mis mon collègue influent de la Société archéologique et maire de la ville, M. Morinaud, au courant de ce qui se passait. Fort intéressé par le projet que je lui soumettais, il profitait, peu après, du passage à Constantine de M. le Gouverneur Général et, sur place, après un examen du travail à exécuter, il obtenait les ressources nécessaires. Au début de l’année 1916, le dégagement de la Grotte des Pigeons fut commencé et continué sans interruption.

Situation.

 – Aujourd’hui que les travaux sont terminés, qu’un bel escalier fait communiquer le boulevard de l’Abîme avec la Grotte des Pigeons et’ qu’une rotonde spacieuse permet de jouir d’un panorama merveilleux sur toute une immense région, il ne semble pas qu’il ait fallu plusieurs mois à une équipe de cinq et parfois six ouvriers pour amener les choses à leur état actuel. Et cependant, c’est exact.

Combien de promeneurs, accoudés à la rampe supérieure, sont venus souvent et longtemps, suivre étonnés les travaux qui s’exécutaient.

La Grotte des Pigeons, comme beaucoup de grottes, a sa légende, et elle aurait servi au culte de Mithra. Les anciens Constantinois disent, avec certitude, qu’elle est immense, que vers le fond existe un gouffre où on entend coulée l’eau; d’autres ajoutent que les bougies s’y éteignent et qu’il existe certaines communications souterraines pouvant s’étendre assez loin. Je ne suis pas à même de renseignée sur ces diverses suppositions, car, ainsi que je vais l’expliquer, il ne m’a pas été possible de m’éclairer à ce sujet.

Dans l’état actuel, la Grotte des Pigeons paraît se diviser en une principale, regardant le nord-ouest et pouvant avoir de 10 à 12 mètres de largeur. Avec autant de hauteur, et une seconde de moindre importance, celle qui se trouve aujourd’hui dégagée et regardant à l’ouest.

A une époque imprécisée, faute de documents, mais vraisemblablement déjà reculée, la principale ouverture a été murée par les soins du Service du Génie, sans doute à la suite d’un accident purement géologique; une faille s’est ouverte au travers de l’épaisseur de la voûte et en raison de sa proportion, elle menaçait les bâtiments supérieurs des casernes de la Casbah.

On pensait, sans inconvénient aucun, pouvoir ouvrir le mur construit, mais ses proportions étaient telles, qu’il y avait là déjà une réelle difficulté. De plus, le danger primitif se reproduisant, à la suite d’un éboulement sérieux, on dût reconstruire le mur de près de 4 mètres d’épaisseur, déjà sensiblement entamé.

Espérons qu’après les événements actuels, il sera trouvé un terrain d’entente, afin de pouvoir poursuivre les travaux interrompus et que le budget réservé aux fouilles sur les origines de l’humanité sera moins méconnu.

Lorsque je songe que trois mois avant la déclaration de guerre, un chef de mission scientifique, allemand, s’imposait ici chez nous, m’offrait une fortune pour travailler pour leur musée de Berlin, ou lui céder mon industrie des escargotières de Tébessa, je reste perplexe en présence des efforts réalisés de notre côté, voire des difficultés parfois rencontrées: une diversion peut être faite sur cet incident porté à la connaissance de la Société archéologique, puisqu’une délibération unanime a été prise contre les agissements, dans la région, de cette soi-disant mission scientifique.

La grotte-annexe communique pal’ le sous – sol argileux avec la principale, ainsi que je vais l’indiquer.

Au dégagement, le long de la paroi gauche, en regardant l’ouverture, sous la couche ancienne et argileuse de remplissage, on constatait la présence de terres noires mêlées à des coquilles d’escargots. Lachose paraissait invraisemblable, alors qu’elle est toute naturelle et c’est une preuve évidente qu’il n’existe qu’une seule et même grotte. La grande se trouve beaucoup plus élevée, et longeant 1es parois, les terres d’apports ont suivi naturellement jusqu’à ce qu’elles aient rencontré une résistance, c’est-à-­dire le dépôt ancien en contrebas.

Dégagement.

 – Pour les raisons que je viens d’indiquer, la grotte principale ne pouvait être atteinte, il fallait se rabattre sur l’annexe immédiatement voisine; c’est donc sur elle seule que portera le travail archéologique que je soumets.

Par la faille existant dans la voûte de la grotte • supérieure, des débris variés ont glissé jusque dans le ravin voisin, suivant le rocher surplombant le Rhumel et formant un cône de déjections très puissant qu’il a fallu enlever pour arriver à l’annexe.

Ce cône de déjections paraît avoir été en activité à l’époque romaine, pour se poursuivre jusqu’au moment de la fermeture, par les soins du Génie.

La couche de fond, en effet assez puissante, repose mi-partie sur un cailloutis régulier, mi-partie sur de l’argile grossière, mélangée de sables. Toute l’industrie rencontrée appartient à l’époque romaine, tandis qu’au fur et à mesure qu’on se rapproche de la surface, le mélange avec l’actualité apparaît.

Bien que je ne sois pas dans mon élément pour traiter l’époque romaine, j’ai toujours relaté dans mes fouilles tout ce qui peut avoir de l’intérêt. Aussi, j’ai pu recueillir quelques objets et faire diverses remarques que je ne passerai pas sous silence. Les débris de tuiles, plates, rondes, à rebords, sont communs, de même que ceux d’assiettes, vases en terre très fine et d’un beau rouge vernissé, connue sous le nom de terre de Samos. Parfois, on y relève quelques dessins. Si j’envisage la quantité considérable des débris de la lampe si commune et si connue de l’époque romaine, je suis tenté de partager l’opinion de mon collègue de la Société archéologique, M. Bosco, relative au culte de Mithra et à des sacrifices au taureau dans la grotte sacrée.

J’ai conservé deux fonds de lampes sur lesquels on lit les noms des potiers: C CLOSVC et

C FABFVS. La verrerie est très largement représentée et l’irisage de tous les fragments d’objets divers est profond et superbe. Au toucher, parfois cette patine antique se détache en poussière fine du plus curieux effet.

Je possède un morceau de verre de Om09 /0m010 et 0m005 dans sa plus forte épaisseur, sur lequel j’attirerai l’attention des connaisseurs, cal’ il semble provenir d’une glace. Le dos est plat et régulier, tandis que la face est au contraire irrégulière et la pâte de verre s’est étalée grossièrement, Produisant une bordure beaucoup plus épaisse.

Ce qu’il y a de plus curieux dans ce fragment de glace, sans doute, c’est qu’on y relève un étamage véritable et je n’insisterai pas, ignorant absolument ce qui a été signalé sur cette partie de l’art antique. Il est irisé au même titre que tous les autres objets rencontrés et a été recueilli au même niveau.

Parmi les os travaillés, je signalerai: une tête de longue aiguille avec châs allongé; trois cure-oreilles, dont l’un complet. Deux sont simples et le troisième est à dessins au tour, puis à la main et en creux.

Je terminerai cet exposé par un fort poinçon en bronze et j’ajouterai que toutes les monnaies en ma possession sont frustes et totalement effacées.

Toute la façade – c’est-à-dire une quinzaine de mètres environ, selon la sinuosité du découpage du massif – constitue un vaste abri sous roche, car partout, et parfois sur 5 à 6 mètres de profondeur, le gigantesque rocher avance en surplombant.

Au dégagement et sous le talus qui s’est formé sur toute la largeur, mais principalement en avant de l’ouverture de gauche, à des profondeurs variables, il a été recueilli les restes d’une dizaine d’individus, dont plusieurs enfants. Ils se trouvaient enfouis dans toute leur longueur, à même du sol, sans aucun système de protection et nulle pièce archéologique n’a été recueillie à leur contact. La conservation de ces squelettes est parfaite et j’ai retenu quelques mâchoires inférieures à titre documentaire; le tout semble très récent. Ainsi qu’on le verra plus loin, il n’est pas possible d’établir de contemporanéité entre ces restes et ceux exhumés de la grotte voisine dégagée totalement. Avec les derniers, on se trouve en présence d’un véritable rite, comme je vais le démontrer; aucun rapport ne peut exister entre les deux méthodes adoptées, sinon le milieu particulier, isolé et très difficile à aborder. C’ est même un problème assez complexe qui se pose, et si nul moyen de pénétration n’existait par le haut de la grande grotte murée par le Génie, on peut se demander par quel procédé les cadavres étaient amenés en cet endroit et à l’époque.

La petite grotte annexe, très en retrait, n’a pas été atteinte par l’activité du cône de déjections et l’industrie romaine n’y existe pas; de même que, à la base du remblai correspondant à l’époque romaine, il n’existe aucun indice d’une autre occupation pouvant avoir rapport avec l’industrie que je vais présenter et provenant de cette petite grotte.

L’eau a joué un rôle prépondérant dans la formation de la plupart des ouvertures et cavités rencontrées dans le crétacé et, là surtout, le phénomène s’y suivait pour ainsi dire continuellement. La voûte se trouve comme cristallisée; mais contrairement à ce que souvent on a signalé, ce ne sont plus des assemblages de stalactites, parfois en quantité innombrable, c’est un tablier donnant l’impression de très fortes éponges accotées, dont les aspérités ressemblent à du sucre candi.

Des nappes bariolées, du plus curieux effet et de même formation, existaient à différents niveaux; on en relève encore les amorces de chaque côté des parois, les travaux étant terminés. Mêlées à des apports ferrugineux, ces nappes étaient  souvent d’une excessive dureté.

Aussi, dans toute la disposition de la couche archéologique intéressante, ce n’était qu’un amalgame et un tassement regrettables pour les constatations.

Bien que la voûte de la grotte soit sensiblement noircie par la fumée, je n’ai relevé aux différents niveaux aucune trace de foyer, et il y a donc lieu de mettre ce dépôt fumifuge sur le compte de l’actualité. La Grotte des Pigeons ne m’a donné aucun indice d’habitat; elle n’a servi que de nécropole, ce qui m’engage à ajouter, avec une quasi-certitude, que la grande grotte voisine murée par le Génie, la grotte des légendes, donnerait comme mobilier beaucoup plus que son annexe.

A une profondeur variable, mais généralement atteignant un mètre, sans ordre de régularité et disséminées surtout vers la gauche en regardant le fond, des tombes existaient. Leur présentation m’a fait dire dans la Notice parue dans le Bulletin de la Société archéologique de 1916, que j’avais eu l’impression d’un tumulus sous grotte.

J’y trouve, en effet, une analogie frappante avec d’autres trouvailles que j’ai eu l’occasion de signaler et auxquelles il est facile de se reporter (2). Dans un cailloutis protecteur, le plus souvent puissant, les ossements humains sont rassemblés en tas, incomplets, sans méthode. Parfois un large vase, genre télé, dont la description sera donnée plus loin, recouvre ces restes et la plupart du temps quelques ex-voto s’y rencontrent. Quelques rares exceptions nous ont procuré les débris de grands récipients.

D’une autre facture et peu différents de celui recueilli dans un tumulus à Ksar-Gouraï (3), région de Tébessa. Malheureusement, ainsi que je le dis plus haut, en raison du tassement considérable qui s’est produit par suite des infiltrations pluviales, je n’ai pu retenir que des fragments importants, mais ne permettant aucune reconstruction.

Mobilier archéologique.

 – Contrairement à ce que j’ai signalé à Bougie et à Tébessa, le tumulus de la Grotte des Pigeons ne recèle aucune trace d’incinération; mais les ossements ramassés. Pêle-mêle, sous un rempart protecteur, impliquent un décharnement préalable Il y aurait donc là un rite qui touche encore franchement au néolithique, et du reste, parmi les objets que je vais passer en revue, recueillis sous les grands vases ou dans leur voisinage immédiat, il en est qui le sont nettement.

Mais ce qu’il y a de particulièrement curieux, c’est qu’avec cette industrie de la dernière période néolithique, on recueille une céramique dénotant une civilisation très avancée. Il semblerait qu’il y ait eu fusion entre autochtones et envahisseurs.

Il est fâcheux et regrettable que tous les ossements humains se soient si mal conservés. Car j’estime que la différence signalée sur l’industrie devait être plus apparente encore sur les ossatures des individus. J’ai pu cependant faire une constatation pouvant avoir sa valeur. Il Y avait des crânes de forte épaisseur, mais à titre exceptionnel; la généralité étant au contraire d’épaisseur ordinaire et même faible, La plat yen émie sur quelques tibias a été également remarquée.

J’avais un jour mis à sécher un frontal que, à grand peine, je venais d’avoir complet, la mâchoire inférieure du même individu, un os long de jambe. Ainsi qu’un petit vase recueilli au contact, de façon à pouvoir emporter le tout le lendemain, sans danger de bris, mais un visiteur peu délicat a fait main basse sur ces objets.

Interrogé sur cette disparition, le surveillant des travaux ne put me procurer aucune indication. La chose est d’autant plus regrettable que j’avais déjà pu assimiler la mâchoire inférieure à deux autres recueillies dans mes fouilles antérieures, aux dolmens de Salluste (4) et du Dyrr (5). A la base des tombes, sur toute l’étendue de la grotte et se poursuivant en dehors, sous le cône de déjections, existent des argiles d’une grande pureté, multicolores et parfois bariolées. Le plus souvent, d’une belle couleur jaune, terre de Sienne, rouge vif ou blanche, ces argiles avaient une épaisseur non évaluable, se continuant encore sous l’horizontalité actuelle de la grotte.

J’ai pu faire constater leur pureté à un de mes amis, modeleur distingué; il en a prélevé des échantillons et a su exécuter directement, sans tamisage de la pâte, un buste qui a été exposé et remarqué dans une des vitrines des Grands Magasins du Globe.

J’ai recueilli dans la Grotte des Pigeons, le plus souvent en contact immédiat, ou dans la tombe proprement dite, constituée par un cailloutis puissant et les ossements en tas sous la têle de protection, les objets suivants : une longue et plate aiguille cassée, côté tête avec châs; une seconde aiguille? côté pointe soigneusement arrondie, plate et fort régulière, également cassée; une pointe faite d’une esquille d’os et d’un travail moins soigné; une défense de sanglier perforée – perforation tronconique – amulette que j’ai souvent eu l’occasion de rencontrer et de signaler à différentes époques préhistoriques; une valve de pétoncle perforée; un petit polissoir en grès rouge, au grain très fin, arrondi et fortement aplati par l’usage; un ciseau, soigneusement poli et fini, lequel me paraît être un schiste ardoisier; une hache polie, de la forme en boudin, en ophite; cinq silex de la décadence, mais rappelant encore les belles formes et faciès antérieurs.

En raison de l’humidité signalée et du mélange argileux, il ne fallait pas compter utiliser le tamis, à aucun moment au cours des fouilles et malgré l’attention apportée, il est possible que de faibles objets sont passés inaperçus et se sont perdus.

Il a été recueilli à la profondeur des tombes, mais non en contact immédiat, une massette en fer, originale. De forme cylindrique, elle est nettement cassée à l’une de ses extrémités, la seconde régulièrement arrondie par l’usage. Le trou d’emmanchement est plutôt faible; il est rectangulaire et occupe en profondeur un peu plus de la moitié de l’épaisseur. Malgré sa lourdeur excessive, le minerai semble avoir été utilisé avec des impuretés, remarquées aux aspérités, sur toute la cassure de l’épaisseur. Cette massette a un faciès très archaïque et peut fort bien être contemporaine des autres objets décrits Déjà à Bougie, au grand tumulus du Pic des Singes, j’ai constaté la présence d’un fort tronçon de lame en fer d’un caractère analogue. Ce métal pouvait donc exister, mais il constituait une rareté.

L’analyse de ces deux documents pourrait être intéressante et je les tiens à la disposition de celui qui y verrait une étude particulière.

Bien que la Grotte des Pigeons n’ait donné aucune trace d’habitat et qu’on ne peut invoquer la contemporanéité, j’ai cependant recueilli une certaine quantité d’ossements d’animaux dans lesquels non collègue et ami M. Joleaud a reconnu les espèces suivantes:

Un équidé voisin de l’âne;

Le bubale;

Une chèvre abondamment représentée;

Un petit bœuf;

Un singe, probablement le magot;

Le sanglier;

Le grand bœuf.

On sait que l’existence de l’âne et de la chèvre dans les gisements préhistoriques algériens a été très discutée; d’autre part, le singe est une rareté connue seulement des Traras et du Taya, aussi M. Joleaud complète-t-il ce travail par une savante étude géologique et paléontologique, dont je le remercie très vivement.

J’ai remis également à mon jeune ami et collègue.

M. Solignac, unoccipital humain fort curieux, qu’il traite ci-après de façon remarquable, je tiens à le remercier chaleureusement.

Enfin, M. Marcais, dont il a déjà été parlé au cours de ce travail, a bien voulu se charger d’étudier et de traiter la céramique recueillie, il le fait également plus loin avec sa compétence habituelle. Son analyse est complétée par quelques dessins, exécutés par sa main de maître. je le félicite et le remercie sincèrement.

A. DEBRUGE.

  • Recueil des Notices et Mémoires de la Société archéologique du département de Constantine, page 175 il 183. Notice sur deux vases kabyles trouvés à Constantine, G. Marcais.
  • Bougie. Compte-rendu des fouilles faites en 1904. Tumulus du Pic des Singes Extrait du Recueil des Notices et Mémoires de la Société archéologique de Constantine. Vol. XXXIX, année 1905. 57 pages. le Préhistorique dans les environs de Tébessa. Tumulus de Ksar ­Gourai, de la même Société. 1er vol. de la 5e série, année 1910. 48 pages.
  • Bougie. (Fig. 10). Vases du tumulus de Ksar-Gourai.
  •  Les Dolmens de Salluste. Extrait du Bulletin de la Société archéologique de Sousse. (1er semestre 1909)r

 Les Dolmens de Salluste. Société archéologique de Constantine. (Année 1910)

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