le 21/09/2018



A quelques encablures du village de Sebdou, un paysage féerique s’offre au regard du visiteur, dont la grotte karstique a fait l’objet d’une première exploration en 1931 par Henry Marcel.
Située à près de 1100 mètres d’altitude, dans les Monts de Tlemcen, la grotte karstique de Ghar Boumaâza est le plus grand réseau cavernicole souterrain connu en Algérie et en Afrique.
Ghar Boumaâza est une grotte et exsurgence karstique située près de Sebdou, dans la wilaya de Tlemcen
Ghar Boumaâza constitue une émergence du cours souterrain de la Tafna.
Ghar Boumaâza a été reconnue site Ramsar le 6 avril 2003
Coordonnées géographiques : 34° 42′ N, 1° 19′ O
La Convention de Ramsar, officiellement Convention relative aux zones humides d’importance internationale, aussi couramment appelée convention sur les zones humides, est un traité international adopté le 2 février 1971 pour la conservation et l’utilisation durable des zones humides, qui vise à enrayer leur dégradation ou disparition, aujourd’hui et demain, en reconnaissant leurs fonctions écologiques ainsi que leur valeur économique, culturelle, scientifique et récréative.
Ghar Boumaâza dont la rivière souterraine de 18 km de long, le parcours concerné est de 3.8 km.
Départ à 9h24, après avoir enfilé nos tenues de plongée et préparé toutes nos affaires nous rentrons dans la cavité. Nous avançons en palmant et en tenant une planche ou chambre à air sur une courte distance. Le plafond est bas, la fraicheur nous saisis, eau à 10°.
La Galerie des éboulis, c’est un segment accidenté, nous ôtons nos palmes et mettons les bottes pour marcher sur environ 200m, une odeur âcre empli les lieux c’est l’habitat des chauves-souris, on entend leurs couinements.
Le Lac coudé est une partie de la rivière en forme d’angle droit sur 100 m, nous enfilons les palmes et nous avançons groupés. A l’aide de nos lampes frontales nous découvrons les lieux.
La galerie d’Henri est une partie sèche, vous l’avez compris il faut ôter les palmes et mettre les bottes. C’est un segment accidenté et glissant à cause de la vase et de la boue.
Le lac de l’ennuie est un tronçon de la rivière long de 800m, sa profondeur atteint les 2 m. Pourquoi ennuie, car il est sinueux et semble ne jamais vouloir se terminer. Nos lumières se mouvant dans l’obscurité dessinent un tableau étrange. Nos voix et le clapotis de l’eau sur les parois créent un brouhaha digne des humains qui envahissent tout espace.
Vers 11h40, nous nous arrêtons pour déjeuner. Les uns sont transis de froid, nous les enveloppons avec des couvertures de survie. D’autres sont pris de crampes aux jambes à cause des palmes. Nous ouvrons nos boites hermétiques en espérant que rien n’a été mouillé. Nous reprenons des forces et échangeons nos impressions.
Après le repas, les personnes touchées par le froid, les crampes ou la fatigue se résignent tristement au retour. Tout un chacun au départ est décidé à atteindre le siphon, fin du parcours. Ces personnes sont sorties de la grotte à 15h, 6h en tout sous terre est déjà un exploit.
Le groupe quitte la partie sèche pour rentrer dans l’eau.
La cascade pétrifiée, un bruit de cascade commence à se faire entendre, nous palmons avec un rythme régulier, nous sommes au tiers du parcours.
Nous escaladons la cascade d’un mètre de hauteur, les concrétions à ce niveau sont surprenantes.
Forêt des stalactites : Le groupe avance dans l’eau sous de somptueuses stalactites, ces concrétions mettent des milliers d’années pour se former, un silence apaisant prend place dans cet espace minéral.
Cascade latérale : Une petite cascade d’eau se positionnant de biais, nous la traversons à 4 pattes pour ne pas enlever nos palmes une énième fois. Nous avançons assez rapidement dans une eau claire et cristalline. Nous ressentons une somnolence et la fatigue commence à nous gagner.
Le canyon : le paysage change, de part et d’autre de la galerie de hautes parois se dressent, le plafond s’élève et la rivière se rétrécit, par endroit une seule personne peut passer à la fois. Ce canyon est interminable, virage après virage, pas de plaque indiquant combien il reste à parcourir, notre patience est mise à rude épreuve.
Un cri de joie et de soulagement fuse, nous ne sommes plus très loin du siphon.
Nous nous regroupons sur cette plage en observant les lieux, des pioches sont plantées à même le sol et des plombs de plongée sont posés dessus. Ces objets ont été laissés par des spéléologues français avant l’indépendance, leurs noms sont gravés sur la paroi.
Le siphon est à une centaine de mètres seulement, nous y allons décider à immortaliser ce lieu devenu mythique dans nos esprits.
Le siphon ; le plafond est bas, formant des arcs par lesquels nous passons, une bouée laissée par les français flotte à l’endroit.
Source Spéléo Club d’Alger // https://www.facebook.com/share/p/1BG34JnFR1/
